La femme du Vème de Douglas Kennedy

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Lumière(s) sur Paris

Telles ces tahitiennes qui s’offrent charnelles aux visiteurs Européens dans le Supplément au voyage de Bougaiville de Diderot, la femme du Vème se donne entière à l’universitaire états-unien qui s’installe à Paris. Mais Harry, le héro de l’opus francophile de Kennedy, découvrira aussi à l’étranger ce qui ne va pas chez lui.

Suivant le schéma du philosophe, Kennedy n’en continue pas moins de creuser son propre sillon : cartographier une ville, ses modes, ses inégalités. Le fossé social qui sépare souvent le WASP des campagnes du petit gars de Brooklyn se creuse ici entre collé-montés du Vème et immigrés de la rive-droite.

Bref, un roman qui aura mieux balisé la France que le plus français des auteurs. Kennedy ne se contente pas des immeubles haussmanniens, des petites névroses bourgeoises et des lieux mythiques de la capitale. Une chambre de bonne crado rue de paradis, un réseau porno Strasbourg Saint-Denis, mené par un cartel d’immigrés, et sur le balcon de la plus huppée des rues du Vème, dans le brouillard d’une aube grise et mélancolique, surgit cette femme en robe rouge. Pas loin, le Panthéon enverrait-il un spectre ?

Se permettant toutes les audaces à travers une écriture plus dure, crue et noire, comme s’il épousait le style des plus pessimistes auteurs du cinéma français, Kennedy fait de l’étrange en terrain étranger… et vise – comme à son habitude – juste.

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