Cannes, au dépaysement de son président

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Est-ce qu’un laquais intrépide mènerait au bal quelques comédiennes en fleurs et au sommet des marches, rougies par le soleil de la côté, leur crierait : « Z’êtes au’rtard, terriblement au’rtard… ».

Au pays imaginaire cannois, de fraîches comme de plus très jeunes Alices, avec ou sans chapelier à leur bras, figurent toujours la première image des cérémonies. Vient ensuite le tapis rouges puis les crépitements accompagnateurs. Puis les récompenses. Mais au départ, il y a quand même les films, ne l’oublions pas.

Parmi les nominés, trois français dont deux acteurs/réalisateurs : Xavier Beauvois et Matthieu Amalric. L’anglais Mike Leigh, quant à lui, revient après Vera Drake avec Another Year, fidèle à sa touche socio-anglophile et aux comédiens qui l’accompagnent.

De l’autre côté de l’Europe, Les Etats-Unis seront surtout représentés par Doug Liman. Après le très réussi La mémoire dans la peau, il s’attaque avec Fair Game à une mémoire beaucoup plus contemporaine et délicate ; l’affaire Valérie Palme Wilson sous le gouvernement Bush. Au casting, pour la troisième fois ensemble, Sean Penn et Naomi Watts. Le Mexicain Inarrittu, qui avait dirigé les deux comédiens sur 21 grammes concoure également cette année avec Biutiful.

Quant à l’Asie, rien moins que les noms de Im Sang-Soo, Lee Cang-Dong et Takeshi Kitano, actuel locataire de la Fondation Cartier.

Le plus attendu reste encore un habitué de la Croisette, le cinéaste Iranien Abbas Kiarostami, et à ses côtés, une autre habituée, peut-être la vraie Alice du lot, Miss Juliette Binoche. Mais l’ouverture de la compétition sera au diapason d’un autre Disney : Robin Hood.

Enfin de ce bal annuel, Monsieur le président Tim Burton pourrait se sentir bien seul sans sa compagne et son Johnny dans la troupe toujours éclectique du jury. Qu’à cela ne tienne, sa fantaisie rêveuse aura raison des pronostics d’usage. A vos paris !

Woodstock, 40 ans après

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Hommage à CCR

Ma journée d’hier fut totalement improvisée mais fut l’occasion de célébrer, du début à la fin, le quarantenaire du festival de Woodstock, Woodstock Music and Art Fair.

Taking Woodstock

A l’instar du film-documentaire éponyme (Wadleigh & Scorsese - 1970), Taking Woodstock (Lee - 2009) retrace la folle aventure du célèbre festival hippie qui a rassemblé, à la mi-août 1969, près de 500 000 personnes dans des champs situés à une cinquantaine de kilomètres de Woodstock, pour trois jours “de paix et de musique”.

Mise à part la découverte de l’envers du décor, le film m’a laissé une impression de pas assez. Pour moi, cette “comédie contemplative” (Libération) n’a pas su approfondir les différentes pistes qu’elle a esquissées tout du long : la personnalité intéressante d’Elliot Landy, la relation tumultueuse qu’il a avec ses parents, le personnage intrigant de Michael Lang, le déroulement des concerts et l’impression des artistes dans cette ambiance hippie… sont autant de points qu’il me semblerait important de creuser, ou au contraire de ne pas aborder du tout pour ne pas perturber ce qui a été agréable à découvrir : l’organisation puis les allusions aux anecdotes de l’événement (l’annulation de Bob Dylan, le temps orageux et les installations électrifiées) ou bien le contexte historique (la peur autour du mouvement hippie, l’omniprésence des policiers, la guerre du Viêt Nam) par exemple.

Hommage à Creedence Clearwater Revival

Le Sunset, boîte de jazz située près des Halles, a consacré une soirée au festival en rendant hommage à Creedence Clearwater Revival. Ce groupe de rock avait joué à Woodstock le samedi devant des centaines de milliers de jeunes. Au micro 40 ans après et à Paris, Siméo. Une heure et quart pendant laquelle il joue en acoustique des reprises de CCR façon-Neil-Young-parce-que-Fogerty-a-une-voix-inchantable-et-que-Young-est-mon-maître, des reprises de Neil Young directement (parce que Crosby, Stills, Nash & Young) et des chansons de son répertoire (son troisième album sort dans quelques semaines).

Excellent moment dans la cave du Sunset/Sunside, simple, drôle et intime.

Festival Silhouette : du 29 août au 6 septembre

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En marge du clinquant de Paris Cinéma qui ratisse tous les sponsors à mannes juteuses, il existe un festival parisien à teneur tout autre.

Aux Buttes Chaumont et à la Bellevilloise, le Festival Silhouette, qui conjugue rétrospectives, compétitions de courts-métrages audacieux, ateliers jeunes publics, concerts et parcours de cinéma originaux, propose, pour sa huitième édition, davantage de nouveautés.

La compétition internationale débute samedi 29 août, avec entre autre le court-métrage Le feu, le sang, les étoiles de Caroline Deruas, compagne du cinéaste Philippe Garrel. Louis Garrel fils, concourra lui pour Mes Copains projeté le dimanche 30 août. A ce propos, apport critique jusque-là inédit, le journal Stardust Memories chronique cette année les courts en compétitions.

Donc, ne passez pas à côté d’un festival, qui, malgré la fragilité de ses soutiens, a le mérite d’avoir chaque année un appui public incontestable.

Rendez-vous sur leur site pour plus amples renseignements.

Musique, lumière et magie au Théâtre des Bouffes du Nord

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Bouffes du Nord

C’est souvent beau, un vieux théâtre, mais toute mise en scène y reste confinée dans des espaces d’autrefois. Un théâtre tout neuf peut être dynamique et pourtant rester froid et sans âme. Aux Bouffes du Nord, on est frappé par la noblesse des proportions, mais en même temps, cette qualité est cassée par l’apparence rude du lieu. Ces deux aspects font un tout. Si l’on restaurait parfaitement le théâtre, alors la beauté de l’architecture perdrait en quelque sorte de sa force et deviendrait un inconvénient.

Peter Brook, 1974

C’est ce que j’ai compris en découvrant le lieu tout début juillet à l’occasion du festival Fragiles. Devant mes yeux ébahis,  le théâtre a pris toute son ampleur autour des envolées vibraphone-guitare-voix de Pauline Croze et de son acolyte de tournée Nicolas Mathuriau. Les jeux de lumière minutieusement travaillés ont permis de créer une ambiance parfaite qui m’a mis les larmes aux yeux : la magie du lieu n’a non seulement pas éclipsé celle de la musique mais l’a rendue encore plus puissante, et vice-versa.

Il ne servirait à rien que je fasse une description du concert, du théâtre ou des jeux de lumière. Il s’agit seulement d’une montagne  de perceptions assez incroyables que je vous invite à découvrir en allant voir un spectacle - musical ou théâtral - au Théâtre des Bouffes du Nord  et/ou Pauline Croze en version acoustique (pour sa prochaine tournée, elle n’a malheureusement pas prévu de continuer à jouer avec un vibraphone).

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