• Auteur : Béa
  • Date : 10/05/2010
  • Rubrique : Musique
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Tété de passage au Krakatoa

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Une première partie laborieuse (quoi que son MySpace rend mieux que sur scène) fait bondir en quelques minutes le taux d’impatience de voir THE artiste. Ce n’était pourtant pas le cas d’Hocus Pocus au Krakatoa, où la première partie était d’une étonnante qualité. Bref, ajoutez à ça une absence de 4 ans de notre cher ami Tété : ses fans ont eu le mérite d’attendre.

Il faut dire qu’il nous l’a bien rendu. 21h30, trois silhouettes débarquent sur scène, dont une reconnaissable parmi toutes. Chapeau, lunettes, barbichette, et une manière de saluer qui lui est propre. Un choix de première chanson étonnant, « L’envie et le dédain », comme si le fait de l’avoir chanté des milliers de fois lui avait donné l’envie de s’en débarrasser. Des titres de son dernier album suivent, ponctués par les hymnes des précédents. 3 musiciens suffisent à égaler la puissance de ses albums : Tété est un guitariste hors pair qu’il est aujourd’hui rare de trouver dans la fameuse variété française.

Cet enchaînement choisi de morceaux a permis de mettre en lumière sa fidélité auprès de son public par un talent qui ne trompe pas, un univers bien particulier qu’il est difficile de percer mais qui ne nous lâche plus une fois que l’on s’est accroché. Son succès aurait pu le diriger vers des chemins commerciaux, mais toujours contrés par un profond respect pour la musique, la culture et le voyage (tournées en Chine, aux Etats-Unis, où il a d’ailleurs enregistré ce dernier album).

La distance est un des éléments clés de Tété, à qui l’on souhaite du succès ad libitum

Woodstock, 40 ans après

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Hommage à CCR

Ma journée d’hier fut totalement improvisée mais fut l’occasion de célébrer, du début à la fin, le quarantenaire du festival de Woodstock, Woodstock Music and Art Fair.

Taking Woodstock

A l’instar du film-documentaire éponyme (Wadleigh & Scorsese - 1970), Taking Woodstock (Lee - 2009) retrace la folle aventure du célèbre festival hippie qui a rassemblé, à la mi-août 1969, près de 500 000 personnes dans des champs situés à une cinquantaine de kilomètres de Woodstock, pour trois jours “de paix et de musique”.

Mise à part la découverte de l’envers du décor, le film m’a laissé une impression de pas assez. Pour moi, cette “comédie contemplative” (Libération) n’a pas su approfondir les différentes pistes qu’elle a esquissées tout du long : la personnalité intéressante d’Elliot Landy, la relation tumultueuse qu’il a avec ses parents, le personnage intrigant de Michael Lang, le déroulement des concerts et l’impression des artistes dans cette ambiance hippie… sont autant de points qu’il me semblerait important de creuser, ou au contraire de ne pas aborder du tout pour ne pas perturber ce qui a été agréable à découvrir : l’organisation puis les allusions aux anecdotes de l’événement (l’annulation de Bob Dylan, le temps orageux et les installations électrifiées) ou bien le contexte historique (la peur autour du mouvement hippie, l’omniprésence des policiers, la guerre du Viêt Nam) par exemple.

Hommage à Creedence Clearwater Revival

Le Sunset, boîte de jazz située près des Halles, a consacré une soirée au festival en rendant hommage à Creedence Clearwater Revival. Ce groupe de rock avait joué à Woodstock le samedi devant des centaines de milliers de jeunes. Au micro 40 ans après et à Paris, Siméo. Une heure et quart pendant laquelle il joue en acoustique des reprises de CCR façon-Neil-Young-parce-que-Fogerty-a-une-voix-inchantable-et-que-Young-est-mon-maître, des reprises de Neil Young directement (parce que Crosby, Stills, Nash & Young) et des chansons de son répertoire (son troisième album sort dans quelques semaines).

Excellent moment dans la cave du Sunset/Sunside, simple, drôle et intime.

Musique, lumière et magie au Théâtre des Bouffes du Nord

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Bouffes du Nord

C’est souvent beau, un vieux théâtre, mais toute mise en scène y reste confinée dans des espaces d’autrefois. Un théâtre tout neuf peut être dynamique et pourtant rester froid et sans âme. Aux Bouffes du Nord, on est frappé par la noblesse des proportions, mais en même temps, cette qualité est cassée par l’apparence rude du lieu. Ces deux aspects font un tout. Si l’on restaurait parfaitement le théâtre, alors la beauté de l’architecture perdrait en quelque sorte de sa force et deviendrait un inconvénient.

Peter Brook, 1974

C’est ce que j’ai compris en découvrant le lieu tout début juillet à l’occasion du festival Fragiles. Devant mes yeux ébahis,  le théâtre a pris toute son ampleur autour des envolées vibraphone-guitare-voix de Pauline Croze et de son acolyte de tournée Nicolas Mathuriau. Les jeux de lumière minutieusement travaillés ont permis de créer une ambiance parfaite qui m’a mis les larmes aux yeux : la magie du lieu n’a non seulement pas éclipsé celle de la musique mais l’a rendue encore plus puissante, et vice-versa.

Il ne servirait à rien que je fasse une description du concert, du théâtre ou des jeux de lumière. Il s’agit seulement d’une montagne  de perceptions assez incroyables que je vous invite à découvrir en allant voir un spectacle - musical ou théâtral - au Théâtre des Bouffes du Nord  et/ou Pauline Croze en version acoustique (pour sa prochaine tournée, elle n’a malheureusement pas prévu de continuer à jouer avec un vibraphone).

Soirée de poche : Beirut

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Impossible pour Allons vers l’art de ne pas partager la soirée de poche d’un concert privé du groupe Beirut, capté par le très bon blog la Blogothèque en mai dernier. Beirut, c’est quelques guitares, un clavier, une batterie, une contrebasse, un accordéon, des cuivres et la voix de Zach Condon. Et ça sonne. Et ça fait du bien par où ça passe. Dégustez.

Le site de Beirut, leur musique sur Deezer, leur musique sur Spotify.

Photo Creative Commons Matthew Hickey

Edi, Siméo et Manu Larrouy le temps d’une soirée au Glaz’art

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Glazart

Ce mardi 28 avril, la petite salle intime (et retirée !) invite les trois artistes à partager sa scène, pour une soirée spéciale Live Boutique.

Edi ouvre la danse, avec son slam engagé mais peut-être trop sombre. La demi-heure pendant laquelle il joue est d’une durée idéale pour le découvrir sans faire une overdose de noirceur. En mai/juin, il jouera de nouveau ses textes poignants en première partie d’Abd Al Malik - rien que ça !

Siméo prend la relève après s’être fait un peu attendre. La majorité du public est là pour lui ce soir ; les cris hystériques féminins en témoignent, les appareils-photo fébriles aussi. Pour la première fois, on le découvre sur scène en groupe, lui qui jouait seul de ses boucles et instruments insolites… Il se sent comme chez lui, sourit, rit même, sautille, se grise de l’ambiance : “j’ai envie de tous vous manger, de vous épuiser !” Pendant une heure, il assure un set remarquable et présente son nouvel album - le troisième, qui arrive enfin et sera dans les bacs en septembre/octobre prochains.

Enfin, Manu Larrouy monte sur scène : difficile pour lui d’hériter d’un public ravi mais épuisé… A ma grande surprise, je découvre à ses côtés le talentueux Pierre Lebourgeois, fidèle violoncelliste/bassiste de Nosfell. Alors, avec des mélodies simples et efficaces, une complicité et un humour sans faille, ils entraînent l’audience dans son univers de mec à la cool, avec un titre-phare qui fera certainement un carton cet été. Sortie de l’album prévue le 08 juin !

Glaz’art, 7/15 avenue Porte de la Villette, 75019 Paris

Les Kid Bombardos en live

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Vus hier soir, mercredi 30 avril, en concert au Pop in, dans le XIème arrondissement parisien, les Kid Bombardos, ce groupe bordelais très familial (puisqu’il comporte trois frangins). Leur musique s’inscrit dans une tendance rock indie pas du tout désagrable à l’oreille, et fait surtout preuve d’une maturité incroyable étant donné l’âge du groupe et de ses musiciens, dont la moyenne d’âge est en dessous de la vingtaine.

Dans un cadre plutôt glauque de prime abord, mais finalement très chaleureux, et devant une soixantaine de spectateurs, les Bombardos se sont vaillament illustrés avec une prestation pas extraordinaire, mais une musique tellement délicieuse, le son métallique de la deuxième guitare caractérisant le son de nos quatres compères, et le batteur, pourtant benjamin du groupe, plus incroyable que jamais.

Surprise en fin de concert : le groupe, pourtant jeune et débutant a réussi à être produit en… vinyles ! A l’heure de l’avènement de la musique dématérialisée, on peut se poser la question de la pertinence de ce choix, qui doit certainement freiner bon nombre d’acheteurs.

Pour découvrir les Kid Bombardos, direction leur MySpace.

Le clip de leur chanson phare, I round the bend (pas mal réalisé, par ailleurs).

Thomas Dutronc en concert : musical, drôle et vivant

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Vu hier soir à la salle de spectacles de La Rochelle, Thomas Dutronc et ses deux guitaristes/bassistes/choristes, son violoniste et son batteur, qui, après une première partie d’un humoriste un peu… dommage… nous ont fait profiter d’un peu plus de deux heures de divertissement particulièrement efficace.

Nous parlons donc de jazz manouche, l’ombre de l’ami Django planant sur scène. La qualité des morceaux de Dutronc fils n’est plus à démontrer, la qualité des musiciens sur scène aidant. Mais ce qui fait l’originalité du manouche sans guitare, c’est la mise en scène de son spectacle, que l’équipe a rendu vivant, participatif, et surtout drôle.

Du public imitant la cigale a la lecture passionnée de cartes postales “Chère Mamie”, en passant par l’ode aux frites, on se prend même parfois à attendre la fin d’un morceau un peu longuet pour recommencer à rigoler ! Le décor est lui aussi très réussi, le système vidéo pseudo-amateur mis en place souligne le côté “fait de bric et de broc” très agréable.

Thomas Dutronc sur scène, donc, une mise en scène au poil, des musiciens impeccables, un show à ne pas manquer ! Les billets sont à réserver un peu partout sur le Net !

Crédit photo : Benoît Derrier

Benjamin Siksou à la Rock School Barbey, Bordeaux

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Le fameux finaliste de la Nouvelle Star saison 6, qui faisait baver Lio (et toutes les autres) à chaque prime, a donné rendez-vous à ses fans et autres curieux de voir son joli minois sur scène un certain jeudi 2 avril à la Rock School Barbey de Bordeaux.

Annoncé à 20h sur le billet, je me rends donc à la salle de concert pour… 19h55. Arpentant le Cours Barbey, à une centaine de mètres de ma destination, ma myopie me laisse apercevoir des petits points, beaucoup de petits points, devant la salle. “Ah ouais, y’a du monde quand même” s’exclame une jeune fille qui me passe devant. Oui, chère demoiselle, Siksou fait complet ce soir. Il n’a pas sorti d’album, ni gagné la Nouvelle Star, et arrive quand même à faire des dates complètes et être numéro 1 des plates-formes de téléchargements avec un (le seul) single, My Eternity.

Arrivée à destination, je suis happée par un océan de filles… et de piaillements. J’aperçois tout de même deux ou trois têtes masculines, étonnamment fières d’attendre au milieu de ces balayages blonds. Les portes s’ouvrent. Musique.

Première partie : Joyce Jonathan. Très jolie voix, mais je n’accroche pas à ses compositions… Pour l’anecdote, cette jeune artiste a été découverte par le site MyMajorCompany, et est une amie personnelle de Benjamin Siksou.
Elle s’en va, sous les applaudissements du public conquis, mais qui s’impatiente de voir son Roméo.

Noir. Cris.

benjamin-siksou1Benjamin Siksou apparaît, dépeigné, t-shirt vert. Il est minuscule, presque moins beau qu’à la télé (hé oui, moi aussi j’ai été séduite devant mon poste, vous croyez quoi). Son calme et son feeling soul s’opposent parfaitement aux cris du public. À croire que les opposés s’attirent…

Siksou commence par un morceau où il se montre diablement excité et en forme, comme s’il était soulagé de chanter, qu’il n’attendait que ça. On sent un plaisir immense d’être ici devant nous, ce soir. Le bassiste et le batteur qui l’accompagnent semblent vivre le même plaisir.

Je ne sais plus exactement quel morceau a suivi, mais la setlist était composée de reprises et de compositions, toutes de très bonne qualité. Pour les reprises, nous avons eu droit aux fameux Just the two of us, Madame rêve, You got me… Les compositions semblaient couler de source, avec justement une pointe de Bashung perdue dans un mélange de soul, de jazz et de folk. Le seul titre que je peux mentionner est On the ground (plus d’1 million de lectures sur son myspace).

D’abord charmée par le personnage principal, j’ai été très vite aveuglée par le talent du bassiste, Aurélien Barbolosi. Charismatique et surtout extrêmement bon, il est, je pense, l’atout du son que nous offre Siksou ce soir. Sans lui, les morceaux n’auraient pas du tout la même allure et surtout la même qualité. Bref, enivrant.

Ce qui est également frappant ce soir, c’est l’aisance du chanteur sur scène. Bien que le dialogue avec le public peine à s’instaurer, on perçoit clairement l’habitude qu’a Benjamin de la scène. Il ne faut pas oublier que ce parisien de 22 ans a été repéré par les chasseurs de tête de la Nouvelle Star. Il avait donc fait son petit chemin avant l’émission et ne comptait donc même pas s’inscrire. En l’observant sautiller ce soir sur la scène de Barbey, je me dis que son destin était tout tracé avant même de passer devant le jury. Un talent pareil ne pouvait qu’aller aussi loin.

My Eternity commence, il suffira d’une seule note pour que le public reprenne en choeur cette mélodie si particulière et propre à l’univers de l’artiste… Through the corridor where we talk between the door… Nous la chantons comme des élèves qui réciteraient une comptine à leur maîtresse.

Bref, le concert se termine avec un évident rappel, puis un autre, suivi d’un “je suis désolé mais je n’ai plus de chansons… bon, on se refait My Eternity alors…”. Peut-être un signe que Benjamin Siskou ne s’attendait pas à autant de succès et de reconnaissance en sortant de la Nouvelle Star.

J’ai envie de terminer cette critique par un jeu de mot signé Nours : je vous le confirme, Benjamin n’est pas un chanteur à trois francs siksou…

Jason Mraz - “We’re from San Diego, California”

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Jason Mraz

Le Bikini, Ramonville (Toulouse) - 17/03/09.
Son public l’attend depuis des heures. Même la première partie commence son set avant l’heure, comme pour satisfaire l’attente grandissante.
Lorsque la silhouette chapeautée entre sur scène, les cris hystériques fusent. C’est Jason Mraz. Enfin.

Le gars rencontre depuis quelques mois un succès monstre avec son tube I’m yours. C’est pourtant en années qu’il faut compter pour parler de son expérience. Jason Mraz n’est pas comme tous ces chanteurs à minettes qui passent à la radio. C’est une voix impressionnante, une simplicité, un humour prononcés et surtout un superbe dernier album.
Les conditions sont donc réunies pour que le concert soit parfait. Le chanteur, les musiciens, les chansons, le public, la salle, les lumières : Monsieur Mraz a tout prévu.

Seulement voilà, tout est peut-être trop prévu.
La setlist est bien huilée : aucun moment d’hésitation de la part du chanteur ou des musiciens qui n’ont même pas besoin de se regarder, de s’attendre. Les mots entre chaque chanson sont pesés, les jeux de mots semblent avoir été utilisés la veille et seront probablement utilisés le lendemain. Quand Lucky commence, tu comprends rapidement pourquoi la première partie a été jouée par une jolie jeune chanteuse à la voix de poupée… c’est elle, Marit Larsen, qui remplace Colbie Caillat et chante le duo avec Jason Mraz. Même la présentation des musiciens n’est pas naturelle, chacun attend son tour et Marit Larsen se tient prête sur le côté de la scène quand le chanteur prononce son nom, et le rejoint ainsi au centre en une fraction de seconde. A la fin du concert, tous se prennent par les hanches et forment une ligne afin de saluer théâtralement le public. Il n’y aura pas de rappel.

Alors bien sûr, Jason Mraz assure en live. Sa voix est magnifique, ses chansons le sont aussi. Mais si comme moi, le show à l’américaine n’est pas votre cup of tea, le concert vous décevra peut-être un peu.

Buddies’n soul, musique à déguster entre potes

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Buddies'n'soul

Les Buddies’n soul se produiront au Café Sport Music de Lormont puis à la Demoiselle d’honneur de Bordeaux les vendredis 13 et 20 mars 2009.

Le groupe bordelais - guitare, piano, percussions, et deux voix - est superbe sur scène dans cette formation acoustique. Complicité, chaleur, générosité, les cinq buddies proposent un subtil mélange de reprises et de titres originaux, toujours magnifiquement et originalement interprétés. Un univers à découvrir absolument sur leur Myspace qui offre six excellentes reprises.

Découverts en première partie de Nneka à la Rock School Barbey en 2008, je ne manquerai pas le rendez-vous à Lormont ou Bordeaux.

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