
Le cinéma de Tati, c’est une attention de l’œil obtenue par l’ouï
Prenez un plan large où différentes actions se superposent, s’entremêlent, se gênent même. Que regarder dans cette pluralité de signes et de figures ? A coup de zooms sonores, Tati nous donne la réponse et guide pas à pas l’œil sur ce qu’il ne pourrait discerner sans un bruit repérable. Ainsi de cette activité grouillante au début de Playtime où un aéroport tout de plexiglas accueille des silhouettes en transhumance. Qui aurait cru qu’une étiquette remuante, dépassant de la valise d’un personnage, attirerait un instant les regards ?
Par petites touches, Tati est un poète de l’attention. Il aura inspiré les plus grands : David Lynch ou Paul Thomas Anderson lui doivent beaucoup et ne s’en cachent pas. Il était normal qu’à une époque où l’hémorragie (audio) visuelle affaiblit la vigilance du regard, la Cinémathèque Française rende hommage au cinéaste.
Au menu : rétrospective, atelier jeune public, exposition… quelques jour de fêtes au musée Langlois.
Durée : du 8 avril au 3 août 2009
Plus d’informations : La Cinémathèque française
