
Le fameux finaliste de la Nouvelle Star saison 6, qui faisait baver Lio (et toutes les autres) à chaque prime, a donné rendez-vous à ses fans et autres curieux de voir son joli minois sur scène un certain jeudi 2 avril à la Rock School Barbey de Bordeaux.
Annoncé à 20h sur le billet, je me rends donc à la salle de concert pour… 19h55. Arpentant le Cours Barbey, à une centaine de mètres de ma destination, ma myopie me laisse apercevoir des petits points, beaucoup de petits points, devant la salle. “Ah ouais, y’a du monde quand même” s’exclame une jeune fille qui me passe devant. Oui, chère demoiselle, Siksou fait complet ce soir. Il n’a pas sorti d’album, ni gagné la Nouvelle Star, et arrive quand même à faire des dates complètes et être numéro 1 des plates-formes de téléchargements avec un (le seul) single, My Eternity.
Arrivée à destination, je suis happée par un océan de filles… et de piaillements. J’aperçois tout de même deux ou trois têtes masculines, étonnamment fières d’attendre au milieu de ces balayages blonds. Les portes s’ouvrent. Musique.
Première partie : Joyce Jonathan. Très jolie voix, mais je n’accroche pas à ses compositions… Pour l’anecdote, cette jeune artiste a été découverte par le site MyMajorCompany, et est une amie personnelle de Benjamin Siksou.
Elle s’en va, sous les applaudissements du public conquis, mais qui s’impatiente de voir son Roméo.
Noir. Cris.
Benjamin Siksou apparaît, dépeigné, t-shirt vert. Il est minuscule, presque moins beau qu’à la télé (hé oui, moi aussi j’ai été séduite devant mon poste, vous croyez quoi). Son calme et son feeling soul s’opposent parfaitement aux cris du public. À croire que les opposés s’attirent…
Siksou commence par un morceau où il se montre diablement excité et en forme, comme s’il était soulagé de chanter, qu’il n’attendait que ça. On sent un plaisir immense d’être ici devant nous, ce soir. Le bassiste et le batteur qui l’accompagnent semblent vivre le même plaisir.
Je ne sais plus exactement quel morceau a suivi, mais la setlist était composée de reprises et de compositions, toutes de très bonne qualité. Pour les reprises, nous avons eu droit aux fameux Just the two of us, Madame rêve, You got me… Les compositions semblaient couler de source, avec justement une pointe de Bashung perdue dans un mélange de soul, de jazz et de folk. Le seul titre que je peux mentionner est On the ground (plus d’1 million de lectures sur son myspace).
D’abord charmée par le personnage principal, j’ai été très vite aveuglée par le talent du bassiste, Aurélien Barbolosi. Charismatique et surtout extrêmement bon, il est, je pense, l’atout du son que nous offre Siksou ce soir. Sans lui, les morceaux n’auraient pas du tout la même allure et surtout la même qualité. Bref, enivrant.
Ce qui est également frappant ce soir, c’est l’aisance du chanteur sur scène. Bien que le dialogue avec le public peine à s’instaurer, on perçoit clairement l’habitude qu’a Benjamin de la scène. Il ne faut pas oublier que ce parisien de 22 ans a été repéré par les chasseurs de tête de la Nouvelle Star. Il avait donc fait son petit chemin avant l’émission et ne comptait donc même pas s’inscrire. En l’observant sautiller ce soir sur la scène de Barbey, je me dis que son destin était tout tracé avant même de passer devant le jury. Un talent pareil ne pouvait qu’aller aussi loin.
My Eternity commence, il suffira d’une seule note pour que le public reprenne en choeur cette mélodie si particulière et propre à l’univers de l’artiste… Through the corridor where we talk between the door… Nous la chantons comme des élèves qui réciteraient une comptine à leur maîtresse.
Bref, le concert se termine avec un évident rappel, puis un autre, suivi d’un “je suis désolé mais je n’ai plus de chansons… bon, on se refait My Eternity alors…”. Peut-être un signe que Benjamin Siskou ne s’attendait pas à autant de succès et de reconnaissance en sortant de la Nouvelle Star.
J’ai envie de terminer cette critique par un jeu de mot signé Nours : je vous le confirme, Benjamin n’est pas un chanteur à trois francs siksou…
