Cannes, au dépaysement de son président

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Est-ce qu’un laquais intrépide mènerait au bal quelques comédiennes en fleurs et au sommet des marches, rougies par le soleil de la côté, leur crierait : « Z’êtes au’rtard, terriblement au’rtard… ».

Au pays imaginaire cannois, de fraîches comme de plus très jeunes Alices, avec ou sans chapelier à leur bras, figurent toujours la première image des cérémonies. Vient ensuite le tapis rouges puis les crépitements accompagnateurs. Puis les récompenses. Mais au départ, il y a quand même les films, ne l’oublions pas.

Parmi les nominés, trois français dont deux acteurs/réalisateurs : Xavier Beauvois et Matthieu Amalric. L’anglais Mike Leigh, quant à lui, revient après Vera Drake avec Another Year, fidèle à sa touche socio-anglophile et aux comédiens qui l’accompagnent.

De l’autre côté de l’Europe, Les Etats-Unis seront surtout représentés par Doug Liman. Après le très réussi La mémoire dans la peau, il s’attaque avec Fair Game à une mémoire beaucoup plus contemporaine et délicate ; l’affaire Valérie Palme Wilson sous le gouvernement Bush. Au casting, pour la troisième fois ensemble, Sean Penn et Naomi Watts. Le Mexicain Inarrittu, qui avait dirigé les deux comédiens sur 21 grammes concoure également cette année avec Biutiful.

Quant à l’Asie, rien moins que les noms de Im Sang-Soo, Lee Cang-Dong et Takeshi Kitano, actuel locataire de la Fondation Cartier.

Le plus attendu reste encore un habitué de la Croisette, le cinéaste Iranien Abbas Kiarostami, et à ses côtés, une autre habituée, peut-être la vraie Alice du lot, Miss Juliette Binoche. Mais l’ouverture de la compétition sera au diapason d’un autre Disney : Robin Hood.

Enfin de ce bal annuel, Monsieur le président Tim Burton pourrait se sentir bien seul sans sa compagne et son Johnny dans la troupe toujours éclectique du jury. Qu’à cela ne tienne, sa fantaisie rêveuse aura raison des pronostics d’usage. A vos paris !

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