• Auteur : Yuna
  • Date : 28/03/2010
  • Rubrique : Musique
  • Commentaires : 1

Soutenez la production du premier album de Madi Jaggae

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Madi Jaggae

Si vous avez suivi de près ou de loin l’émission Nouvelle Star (M6) ces deux dernières années, vous vous souviendrez certainement de Mahdi.

En 2008, j’avais été séduite par cet ovni venu interpréter du Tool a capella (puis du Boubacar Traoré… quand même) et j’avais lâché l’émission quand il avait annoncé son abandon une semaine plus tard, lors de l’étape du théâtre. Alors, quand j’ai aperçu ce visage familier lors des auditions 2009, quelle n’a pas été ma joie ! J’ai suivi de près l’évolution de cet artiste qui avait tout pour aller loin… mais la production n’était apparemment pas du même avis.

Qu’à cela ne tienne, Mahdi est un battant : il y a deux jours, j’ai reçu un message sur MySpace qui annonçait son inscription sur le site du label participatif MyMajorCompany. C’est ici, et vous pouvez y écouter quatre de ses compositions, dire ce que vous en pensez, en parler autour de vous et surtout… le soutenir ! L’objectif est de rassembler 100 000 euros, mais déjà à partir de 500 producteurs (à 10 euros la participation minimum) il bénéficierait d’une mise en avant sur le site. A vous de jouer !

Shutter Island, l’île aux images

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Toute image a son mirage : passé (souvenir), pas encore là (avenir) ou pas vraiment là (avatar). Dans ce tournoiement visuel porté par le cumul des époques, par l’invasion des écrans, les regards n’auraient presque pour repères qu’hallucinations permanentes. Ce mille-feuille de la vision, Martin Scorsese le démonte sans garde fou dans Shutter Island. Son îlot est plein des coffres de sa cinéphilie, mais aussi des péripéties schizophrènes de son personnage. Au terminus, le spectateur est repu, il ne lui reste plus qu’à rêver, supputer, élaborer ses propres images.

S’il est cinéphile, il partira à la chasse aux références. De l’âge d’or hollywoodien aux vertiges hitchcockiens en passant par les dissonances kubrickiennes, la nouvelle vague française, jusqu’aux récents films d’horreurs, les citations abondent, s’enchaînent, s’intercalent avec réflexion, rythme et virtuosité. Scorsese connaît son outil et mobilise ses classiques avec la gourmandise d’un enfant du cinéma.

Mais ce qui est intéressant à prendre en compte dans cette cueillette aux images revisitées, c’est le point de vue complètement nu du non cinéphile. Sans regard critique, sans références anticipatoires, sans le tournoiement visuel de l’érudit, que lui reste-t-il à voir ? Eh bien, le même casse-tête imagier que le cinéphile qui guette la citation, mais seulement du point de vue de l’intrigue, et surtout du personnage.

Apologie des reprises, discours sur l’impossibilité de contourner les références, d’abolir la vision éclatée d’aujourd’hui, le dernier Scorsese ne se mord cependant pas la queue. Prenons ce plan de fin : un tapis de mer, un phare qui s’élève, finesse et clarté du trait, verticalité sur horizontalité. Mathématique. Propre. Tout ça pour ça. Le chaos d’images se clôt ainsi, la vision du héros a repris ses droits sur un paysage aussi convenu qu’une carte-postale. Le twist scorsesien a l’art d’apaiser la vision et nous laisse alors, défaits de tous ces méandres, avec cette seule image d’une collaboration féconde entre un cinéaste et un comédien.

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