Coco avant Chanel, quelques impressions

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Coco avant Chanel

Je n’ai pas aimé l’histoire d’amour tellement cliché, alors qu’elle promettait d’être différente grâce au caractère des deux amants (mais on ne réinvente pas l’histoire, n’est-ce pas ?). Je n’ai pas aimé l’ellipse temporelle entre la mort de Boy Capel et le grand défilé, qui ne permet de comprendre ni la transition entre la Coco “d’avant” et la Coco “d’après”, ni son ascension dans l’univers de la mode. Je n’ai pas du tout aimé Emmanuelle Devos.

Pourtant, j’ai aimé l’importance donnée aux regards. J’ai aimé les cernes de Gabrielle, l’absence de maquillage (ou le maquillage d’un visage sans maquillage). J’ai aimé Audrey Tautou, sa malice, son charme, son jeu. J’ai aimé sourire à m’en décrocher la mâchoire quand je l’ai entendue chanter dans le beuglant. J’ai aimé Benoît Poelvoorde, excellent dans le rôle d’Etienne Balsan, lourdingue attendrissant. J’ai aimé les habits de la Coco paumée mais revendicatrice. J’ai aimé son histoire, son féminisme et ses failles. J’ai aimé ses mensonges, sa franchise et sa maladresse. J’ai aimé Coco avant Chanel.

Banhart et Rogove (et Moretti ?) sont Megapuss

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Megapuss

La nouvelle ne date pas d’hier. Mais aujourd’hui, je suis retombée nez à nez avec les visuels plutôt osés du vinyle de Megapuss, et je me suis dit que ce serait sympa de partager ce délice musical avec vous.

Megapuss, ce n’est rien d’autre que le dernier projet artistique de Devendra Banhart. Petite explication. Il y a un an de cela, jouant et délirant avec son ami Greg Rogove, batteur-percussionniste-pianiste-flutiste-chanteur du groupe Priestbird, ils font le pari de créer un groupe et d’écrire quelques textes. A leur grande surprise, l’association fonctionne, et les huit premières chansons qui en naissent les incitent à pousser l’expérience plus loin. C’est ainsi que fin 2008 sort l’album Surfing.

Bien sûr, les inconditionnels de Devendra Banhart n’ont pas besoin de beaucoup de temps pour être convaincus de sa qualité. Mais pour moi, c’est surtout l’album qui peut permettre à beaucoup de gens de se réconcilier avec l’auteur-compositeur américain. Parce que travailler à deux permet de gommer les défauts de chacun, ceux qui dénoncent la similitude entre les morceaux ou les chansons trop calmes dans - entre autres - Cripple Crow ou Smokey Rolls Down Thunder Canyon (sacrilège !) ne peuvent rien reprocher à Surfing.

La batterie omniprésente de leur bien-aimé Fabrizio Moretti (batteur des Strokes) accompagne magnifiquement les deux fabuleuses voix et on retrouve avec plaisir la folie douce et hippie qui entoure encore et toujours les personnages devendresques. Ainsi, découvrez ci-dessous le clip de leur chanson Adam & Steve.

Tokyo Sonata : sur la corde sensible

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Kurosawa fils a retenu de son père et de ses paires asiatiques la composition particulière d’un cinéma à l’accès pas si systématique : plan de surface, cadre rigide, ellipses pudiques, errances contemplatives, mise à distance des corps ou proximité plus prononcée à l’orée d’une crise, petite animation qui fait de chaque image un babil de couleurs et de la photographie la plus statique, une respiration… Bref, des cinéastes qui cultivent un cinéma de parcelle : enclot marqué du cadrage, et pouces lumineuses à l’intérieur.

Mais d’un autre côté, Kurosawa greffe à sa sonate une touche occidentale : scénario resserrée autour de trois figures identifiables, schéma narratif repérable, sans trop de pauses, où le trait si net du sentiment le dispute au final à la lyre si délicate d’un clair de lune debussien. Si les auteurs asiatiques refusent la nuance psychologique en passant de la retenue à l’éclat par souci de clarté, de resserrement à la sauce haïku, où le corps va droit au but dans ce qu’il dit, impassible ou rageur, Kurosawa a justement biaisé ce programme au moyen de son sujet : la musique.

La progression formelle est repérable : d’abord le quotidien cellulaire, où un chambranle, un coin d’escalier, le cadre d’une étagère, masquent ses personnages. Classique. Ensuite, le cinéma ouvre ses parcelles. Longue focales, masquages géométriques plus absents, réelle importance du personnage féminin – pas une prostitué de plus, ou une femme aimante, mais une mère responsable habitée quelque part de cette névrose domestique très contemporaine – et surtout des corps qui de mécanique de vie deviennent vivants. Troué de soleil, de mouvements, d’horizon dégagée, ressac de diamants sur la ligne nocturne d’une vague, et la figure trouve son souffle. Hors de son statut ou de sa tenue de façade.

La métaphore musicale ne pouvait pas mieux tomber : c’est en tirant sur la corde que naît l’émotion. De l’automate à l’humain, la machine peut aussi pleurer. Avec la famille de Tokyo Sonata, c’est pareil. En tirant sur la raideur des corps, on en fait pousser des larmes, et cela bien au-delà du coulis lacrymal traditionnel. Non, les larmes du père sont un résidu du corps touché, au premier sens du terme : quelque chose lâche dans les tréfonds de l’être, quelle corde, quelle vibrato fragile, quel amour discrètement présent ? Un peu de tout à la fois sur le clair de lune entonné par le fils. Grand soleil. Avec pudeur, certes.

Wanted : l’adaptation du comic book vers le film

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Certes, ces sorties ne sont pas toute fraîches. Le comic book original Wanted, de Mark Millar et J.G. Jones, est paru en 2003, le film Wanted : Choisi ton destin, réalisé par Timur Bekmambetov, est sorti en 2008. Je n’avais pris connaissance d’aucune des deux réalisations, et j’ai eu l’opportunité de lire le comic book. Alors évidemment, je n’ai pas pu m’empêcher de voir le film la semaine d’après. Petite comparaison

Le synopsis est commun… plus ou moins. L’histoire commence dans les deux cas avec la présentation de Wesley Gibson, petit comptable à la vie triste et raté. Un jour, on essaye de le tuer, et il est enlevé par la “jolie” Fox (notez, humour). Le tronc commun s’arrête quasiment là.

Dans le comic, nous parlons d’une organisation de super-héros méchants, ayant détruit les vrais super-héros, et vivant dans un univers parallèle, n’ayant aucun scrupule à tuer, piller, violer. Le violence est omniprésente. Plusieurs branches de l’organisation existent, et se disputent le contrôle de la planète. Le grand méchant de l’histoire est Mister Rictus, un super méchant. Qui a assassiné le père de Wesley, jadis un grand super-méchant ? Il est entraîné pour prendre la relève, et trouver une réponse à cette question.

Dans le film, l’organisation est une sorte de troupe de mercenaire, qui, si ils arrivent à faire dévier les tirs de leurs balles, n’ont rien de super-héros (quant aux super-costumes, n’en parlons même pas). L’assassin du père de Wesley est tout de suite identifié.

L’homme à la tête de l’organisation que Wesley intègre n’a rien du professeur dont le comic parle. Le retournement scénaristique du film n’a rien à voir avec celui du comic. Les 110 minutes du film sont beaucoup plus édulcorées : dans le comic, les héros étaient de vrais méchants, qui tuaient pour le plaisir.

Bref : même si la morale reste à peu de choses prêt la même, les deux trames sont étonnamment complètement différentes l’une de l’autre. L’univers du comic book est beaucoup plus sombre, beaucoup plus trash, alors que le film mise plus sur l’action (bien qu’elle ne soit pas absente du comic, loin de là).

Il est dommage de devoir détourner une œuvre de cette manière pour l’adapter au plus grand nombre et faire le plus gros chiffre d’affaire. Le film se contente de se classer dans la catégorie “action”, alors que le comic se permet d’aller plus loin dans ses idées, son univers, et pousse à la réflexion. Les deux sont donc à lire et voir, car ce sont de bons divertissements, mais ils n’ont clairement pas les mêmes objectifs.

Yodelice, du nouveau avec du vieux

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Yodelice

Prenez un musicien de talent qui veut revenir sur le devant de la scène et faire oublier son passé de télé-réalité. Ajoutez-y la touffe et la barbe du chevelu Devendra Banhart. Choisissez la classe et la langue de l’Anglais Charlie Winston. Mélangez le tout et versez dans l’univers sombre et cartoonesque du reconnu Tim Burton.

Facile et surprenant, mais la recette marche plutôt bien. Yodelice est le clown triste de Maxim Nucci. Il revient avec l’album Tree of Life et une apparition remarquée à Taratata. Le clip du premier extrait, Sundae with a flu, a été réalisé par Guillaume Canet (qui ça ?). Retrouvez-le en compagnie de ses deux musiciens en tournée et en première partie d’Ayo.

William Eggleston à la Fondation Cartier, Paris

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L’antre culturel du fameux boulevard Raspail de Paris propose, du 4 avril au 21 juin 2009, une exposition consacrée au photographe américain William Eggleston. Les photographies en question font partie d’un projet entièrement dédié à Paris. On retrouve donc sur chaque photographie la ville, ou devrais-je dire ses coulisses…

En effet, William Eggleston a mis en lumière avec génie toutes ces choses que nous ne voyons pas, trop concentrés à ne pas rater le prochain métro ou à passer entre les gouttes de la pluie polluée. Toutes ces couleurs que nous manquons, ces reflets révélateurs (comme ici) et ces gens que notre champ de vision veut ignorer, William Eggleston nous les fait découvrir à travers des clichés étonnants. Etonnants dans leur composition, leur mise au point, leur cadrage, habilement mis en scène par la fondation, qui a mis en place un piano sur lequel quelques morceaux sont joués par un… fantôme. Oui, le clavier bouge tout seul. Un des clichés qui m’a le plus marquée : .

Beatriz Milhazes occupe, elle, le rez-de-chaussée de la Fondation Cartier, exposant ses œuvres extrêmement colorées et florales, toutes aussi hypnotiques les unes que les autres. Beaucoup d’enfants se sont montrés intéressés par son art, tentant de reproduire ses peintures sur des modèles imprimés sur du papier par la fondation. Un exemple d’œuvre ici.

Bref, encore une exposition de la Fondation Cartier qui m’a totalement séduite, et que je ne peux donc que vous conseiller. N’oublions pas que le bâtiment a été créé par Jean Nouvel ! Si ça ce n’est pas une excuse valable pour admirer au moins le lieu…

Plus d’infos
261 boulevard Raspail, Paris 14ème
01 42 18 56 50
Tous les jours sauf le lundi, de 11h à 20h, nocturne le mardi jusqu’à 22h
6,50 euros / 4,50 euros tarifs réduits (pour nous pauvres étudiants stagiaires notamment !)

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