IVRY GITLIS, LE VIOLON SANS FRONTIERES : Un documentaire de Sandra Joxe, Arte

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Il est là, alerte, chemise rouge au vent, hissant son violon au-dessus d’un désert slave : une giclée de vie sur une toile âpre, calcaire, immense.

Ivry Gitlis, c’est un peu ça : des gestes bouffants, la verve parfaite, le mot juste et tordant, la grimace torve des grands observateurs, un peu comme le roublard Ben Kingsley du Oliver Twist polanskien. Ivry n’arrête pas, mais que cherche-t-il, sinon la paix silencieuse qui bruit au fond de son enfance, dans la lumière blanche d’une oasis dépeuplée ?

La documentariste Sandra Joxe, aussi cinglante qu’un archer à la caméra, coupe, découpe dans la mémoire du violoniste, des coups de sang fabuleux. Entre enregistrements virtuoses, retour au pays, digressions habiles d’un sacré personnage, elle s’octroie au cadre une liberté visuelle à la mesure de l’homme qu’elle y emprisonne, consciente aussi, qu’un format d’une heure est trop peu donné à la mélodie d’une vie. Une vie qui n’est jamais finie, tant le recommencement, l’envolée, guette le plan qui va suivre.

Peut-on y voir un fourre tout sans gêne, ou une audace à encourager ? Lorsque Sandra Joxe, à la première du film, vous dit que la liberté à la télévision c’est plutôt l’exotisme, tel Ivry Gitlis dans une dernière révérence au silence, on saluera le geste.

Changez d’heure avec les 23H de la BD

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Les 23H de la BD

A l’image des 24H de la bande-dessinée d’Angoulême, le principe de l’événement est de produire en un temps imparti - ici 23h - 24 planches (vingt-deux pages plus la couverture) depuis chez vous et de les renvoyer à l’heure en un certain format. Organisée par Foolstrip et BlogsBD.fr, cette deuxième édition compte déjà plus de 300 inscriptions et promet des milliers de dessins et une belle nuit blanche.

Retrouvez les explications, le formulaire d’inscription et bientôt l’ensemble des créations sur www.23hbd.com !

Alain Souchon incite son public à cliquer !

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Alainsouchon.net : voici le nouveau site du chanteur français, promouvant la sortie de son dernier album, Ecoutez d’où ma peine vient. Très drôle, très frais, très 2.0… quelle surprise de naviguer sur un tel site alors que les budgets “nouveaux media” sont à sec chez les labels musicaux, qu’Universal publie des sites-clones à la pelle et que les horribles Myspace sont légions dans le domaine !

Bien qu’Internet est déclaré responsable de la chute de l’industrie du disque, il permet à tous les artistes de communiquer sans limite géographique ni temporelle. C’est une opportunité incroyable à saisir pour la promotion musicale. C’est ainsi un défi que tous les acteurs de cette industrie vieillissante - labels, distributeurs, … - doivent relever pour participer activement à l’imposante métamorphose musicale en arrêtant de s’en proclamer les victimes.

Souchon (ou plutôt son équipe marketing) a réussi l’incroyable pari de mêler son univers drôle, touchant et sa personnalité peut-être dépassée par les avancées technologiques, aux possibilités infinies de communication qu’offre le Web. Je vous laisse découvrir l’interface, persuadée qu’elle permettra à l’artiste de se démarquer.

Espérons qu’EMI inspirera ses petits copains et les poussera sur la voie de la promotion (volontairement) 2.0 !

The Lost Fingers - Quand le jazz mange la new wave

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Tombée par hasard sur leur album en écoute à la Fnac, The Lost Fingers m’ont projetée dans les années 80 sans que je m’en rende compte. Les malins ! La recette de ce trio québécois ? Allier un bon gros tube des années 80 avec l’âme et le swing de Django Reinhardt. En gros, le contraire d’un lifting. Certes, cela ne vous surprend qu’à moitié, vu la tendance qui s’accentue dans des émissions telles La Nouvelle Star, où un certain Julien Doré customisait le célèbre “Like a virgin” de Madonna avec une voix de crooner et un chabada à la batterie…

Mais franchement, l’album Lost in the 80s est un régal ! Pour vous donner une idée de la folie qui s’est emparée de ce groupe, voici quelques titres repris : You Shook Me All Night Long, Touch Me (I Want Your Body), Part-Time Lover, Billie Jean ou encore Joe Le Taxi…
Un album de qualité que je vous conseille vivement.

Jason Mraz - “We’re from San Diego, California”

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Jason Mraz

Le Bikini, Ramonville (Toulouse) - 17/03/09.
Son public l’attend depuis des heures. Même la première partie commence son set avant l’heure, comme pour satisfaire l’attente grandissante.
Lorsque la silhouette chapeautée entre sur scène, les cris hystériques fusent. C’est Jason Mraz. Enfin.

Le gars rencontre depuis quelques mois un succès monstre avec son tube I’m yours. C’est pourtant en années qu’il faut compter pour parler de son expérience. Jason Mraz n’est pas comme tous ces chanteurs à minettes qui passent à la radio. C’est une voix impressionnante, une simplicité, un humour prononcés et surtout un superbe dernier album.
Les conditions sont donc réunies pour que le concert soit parfait. Le chanteur, les musiciens, les chansons, le public, la salle, les lumières : Monsieur Mraz a tout prévu.

Seulement voilà, tout est peut-être trop prévu.
La setlist est bien huilée : aucun moment d’hésitation de la part du chanteur ou des musiciens qui n’ont même pas besoin de se regarder, de s’attendre. Les mots entre chaque chanson sont pesés, les jeux de mots semblent avoir été utilisés la veille et seront probablement utilisés le lendemain. Quand Lucky commence, tu comprends rapidement pourquoi la première partie a été jouée par une jolie jeune chanteuse à la voix de poupée… c’est elle, Marit Larsen, qui remplace Colbie Caillat et chante le duo avec Jason Mraz. Même la présentation des musiciens n’est pas naturelle, chacun attend son tour et Marit Larsen se tient prête sur le côté de la scène quand le chanteur prononce son nom, et le rejoint ainsi au centre en une fraction de seconde. A la fin du concert, tous se prennent par les hanches et forment une ligne afin de saluer théâtralement le public. Il n’y aura pas de rappel.

Alors bien sûr, Jason Mraz assure en live. Sa voix est magnifique, ses chansons le sont aussi. Mais si comme moi, le show à l’américaine n’est pas votre cup of tea, le concert vous décevra peut-être un peu.

Eli “Paperboy” Reed : alerte à la bombe !

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En voilà un qui pourrait dire “Je m’appelle Brown… James Brown“… Bon, même si cette blague ne vaut pas grand chose (pour ne pas dire rien du tout), elle est ici pour rendre honneur au talent de monsieur Eli “Paperboy” Reed.

C’est simple, il réunit à lui tout seul tous les rois de la soul. Son album Roll with you (deuxième dans son parcours) est excellent, du très haut niveau. Il ne fait pas que respecter la recette des chansons de ses idoles, il en fait des morceaux admirablement bien construits, avec un son très juste et puissant.

Le plus étonnant dans l’histoire, c’est qu’il a 24 ans. Vint-quatre ans. Oui. Étonnant parce que son personnage n’est pas du tout dans l’air du temps. A l’heure où des minettes s’improvisent “diva soul” parce que leur brin de voix pourrait peut-être rappeler celui des authentiques Simone ou Fitzgerald, et que les maisons de disque modernisent pour plaire à la mère et surtout à la fille, Eli Paperboy Reed, lui, semble tout droit sorti d’un documentaire des années 60. Les habits, la coiffure, la musique et la voix.

La preuve lors de l’émission Taratata, où l’image a été vieillie. Seulement l’image. C’est là où ça en devient presque gênant. Le talent est là, mais la magie n’opère pas forcément. Ne devrions-nous pas nous contenter d’écouter ses modèles ? A lui de faire ses preuves, même si sa musique reste entièrement respectable…

Action !

Eli PAPERBOY REED : Drown in my own tears (Taratata)

envoyé par taratata

Revolutionary Road : Noces funèbres

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Au bord du quotidien, l’abîme.

Qui prétend encore que la tragédie, noble et spirituelle, se passe des nécessités domestiques ? Depuis que les femmes au foyer rêvent et désirent, les cœurs s’évident sur un vaisselier, un sourire se froisse sur une nappe dressée et un héritage encombrant gît dans une panière à linge… Quand les desperate housewives condensent pour le petit écran ces ingratitudes claustrophobes que la routine dépose à domicile, le cinéma s’est déjà prêté au jeu. Sans remonter loin : The Hours. Mrs Dalloway arrange un bouquet dans sa cuisine et ses sanglots sous-verre ne tardent pas à éclore.

Au masculin, Sam Mendes parle aussi à sa façon de ces féminités écorchées. Du fin fond d’un évier briqué, il remet le couvert avec ses Noces Rebelles et repeuple le pavillon d’American Beauty. Seulement, au lieu de surcharger sa mise en scène d’échappées oniriques, il reste quotidien. En vidant l’espace des encombres du montage, en jouant sur la complicité hors-pair du couple vedette, en travaillant sur le contrepoint sonore, en enrobant le tout d’effusions efficaces, la tragédie s’invite doucement, sobrement. Une cafetière qui s’agite trop bruyamment, une main nerveuse qui pelle une pomme de terre, un œuf brouillé choisi le matin, une serviette étalée sur le sol d’une salle de bain sont autant d’indices d’une perte de soi. Kate Winslet la porte avec fougue et péril. A cela s’ajoute une dérobade feutrée que toute bienséance exige de la tragédie.

Sam Mendes sait définitivement jouer avec le genre. Les Noces Rebelles son maîtrisées, sans le classicisme facile que certains lui reprochent, sans la notoriété acquise de son casting. A aucun moment, le fantôme de Titanic ne plane sur ce film, si ce n’est, les analogies qu’on veut injustement lui arracher.

Jeune journal qui s’impose…

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Après quelques rendez-vous manqués, Stardust revient. Poursuivant la cinéphilie cultivée depuis 2005 par les étudiants fondateurs, il persévère : liberté de ton, nouvelles plumes, jeunesse oblige.

Se posent à nous les problèmes d’un système, de ses impasses comme de ses changements possibles. Faire trembler, bouger les lignes. L’écrit est la meilleure des chirurgies pour le cinéma français, l’Histoire l’a prouvé. Cependant, Darwin le confirmera, nous ne descendons pas de la Nouvelle Vague, et répéter ce qui a été fait sans prendre en compte le passage du temps, serait une erreur.

Stardust n’est pas là pour véhiculer une pensée unique sur le cinéma. Trop de films, Trop de cinématographies accumulées, trop d’hybridations qui en creusent la polyvalence visuelle. Et, quand l’informatique devient le nœud coulant des images, la filature est peine perdue. Une image en chasse une autre, une configuration neuve est vite reprise, vulgarisée, pulvérisée. Le temps et la modernité ont emporté avec eux le désordre de leurs propositions. Les bagages pèsent pour en entreprendre le tri et dégager l’horizon d’une cumulation dangereuse. Cela vaut pour les films, pour le monde. Nulle fatalité cependant. Tout revers à sa médaille.

Pas de vision unitaire donc, ni d’exhaustivité bien pensante, mais des virées critiques, des points de vue saillants, différents d’un rédacteur à l’autre, une bigarrure qui sied à notre temps. Chacun promène ses images à lui et sa sensibilité de spectateur/auteur. Etre convaincu et… contradictoire, sinon, pour tous, aimer profondément le cinéma.

Tout lecteur y trouvera son créneau, se laissera porter par la musique, modulable et libre, de nos rubriques.

Notre musique : se fondre dans le creux laissé par les vents opposés de la critique. D’un côté le marketing poussif du magazine de cinéma, de l’autre, son retranchement dans un lectorat électif et une politique éculée. Bref, des deux bords, des rédacteurs habitués, qui perpétuent un exercice, sans en briser le confort. Houle tranquille. Des vieux de la vieille.

Si la jeunesse a aussi son mot à dire, douce France, chère pays qui l’occulte parfois si injustement, puisse-t-elle le faire dans ces lignes, puisse-t-elle, même à petite échelle, s’y mouvoir durablement et pourquoi pas, dans un proche avenir, exister parmi les autres et les auteurs. C’est le pari de Stardust, et s’il continue sa route encore, osons croire qu’il prendra son envol.

NB : Et n’oubliez pas la sortie en ce Mercredi de l’Enquête (The International), cruellement dans le vrai malgré ses douteux hasards. Retrouvez la critique sur www.stardust-memories.com

Buddies’n soul, musique à déguster entre potes

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Buddies'n'soul

Les Buddies’n soul se produiront au Café Sport Music de Lormont puis à la Demoiselle d’honneur de Bordeaux les vendredis 13 et 20 mars 2009.

Le groupe bordelais - guitare, piano, percussions, et deux voix - est superbe sur scène dans cette formation acoustique. Complicité, chaleur, générosité, les cinq buddies proposent un subtil mélange de reprises et de titres originaux, toujours magnifiquement et originalement interprétés. Un univers à découvrir absolument sur leur Myspace qui offre six excellentes reprises.

Découverts en première partie de Nneka à la Rock School Barbey en 2008, je ne manquerai pas le rendez-vous à Lormont ou Bordeaux.

Thomas Fersen et sa guitare porte-clé à Talence

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L’homme qui portait une robe blanche et un chapeau noir plumé nous a donné rendez-vous un vendredi soir à Talence, à la Médoquine. 20h15, le concert commence timidement. L’ombre du magicien Fersen apparaît dans l’obscurité, tandis que les premières notes d’une chanson retentissent… La lumière s’amplifie, et nous apercevons la silhouette encore trop lointaine du chanteur. La musique continue, et laisse sentir une certaine froideur, un voile sur cet artiste qui n’a désormais plus besoin de faire ses preuves. Il est là, sur la scène, costumé et barbu.

Et c’est avec ces premières minutes de concert que j’ai pénétré dans l’univers de Thomas Fersen. Lentement mais sûrement. Cet homme hors du commun nous raconte des histoires croustillantes avec un timbre de voix unique, que l’on pourrait écouter dans n’importe quelle situation, à n’importe quel moment de notre vie. On aimerait que Thomas Fersen soit notre père, notre frère, notre meilleur ami ou encore un homme que l’on croiserait un soir, là où on ne l’attend pas.

Toutes les chansons du dernier album ont été jouées, ponctuées par l’apparition d’une chauve-souris ou autre chienne qui pue mais que l’on aime quand même. Pendant 2 heures, les yeux du public, âgé de 7 à 77 ans, pétillaient exactement de la même manière, comme si ce poète avait le pouvoir d’arrêter le temps, pour nous faire voyager et partir à la rencontre de ses multiples personnages.

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