
Après quelques rendez-vous manqués, Stardust revient. Poursuivant la cinéphilie cultivée depuis 2005 par les étudiants fondateurs, il persévère : liberté de ton, nouvelles plumes, jeunesse oblige.
Se posent à nous les problèmes d’un système, de ses impasses comme de ses changements possibles. Faire trembler, bouger les lignes. L’écrit est la meilleure des chirurgies pour le cinéma français, l’Histoire l’a prouvé. Cependant, Darwin le confirmera, nous ne descendons pas de la Nouvelle Vague, et répéter ce qui a été fait sans prendre en compte le passage du temps, serait une erreur.
Stardust n’est pas là pour véhiculer une pensée unique sur le cinéma. Trop de films, Trop de cinématographies accumulées, trop d’hybridations qui en creusent la polyvalence visuelle. Et, quand l’informatique devient le nœud coulant des images, la filature est peine perdue. Une image en chasse une autre, une configuration neuve est vite reprise, vulgarisée, pulvérisée. Le temps et la modernité ont emporté avec eux le désordre de leurs propositions. Les bagages pèsent pour en entreprendre le tri et dégager l’horizon d’une cumulation dangereuse. Cela vaut pour les films, pour le monde. Nulle fatalité cependant. Tout revers à sa médaille.
Pas de vision unitaire donc, ni d’exhaustivité bien pensante, mais des virées critiques, des points de vue saillants, différents d’un rédacteur à l’autre, une bigarrure qui sied à notre temps. Chacun promène ses images à lui et sa sensibilité de spectateur/auteur. Etre convaincu et… contradictoire, sinon, pour tous, aimer profondément le cinéma.
Tout lecteur y trouvera son créneau, se laissera porter par la musique, modulable et libre, de nos rubriques.
Notre musique : se fondre dans le creux laissé par les vents opposés de la critique. D’un côté le marketing poussif du magazine de cinéma, de l’autre, son retranchement dans un lectorat électif et une politique éculée. Bref, des deux bords, des rédacteurs habitués, qui perpétuent un exercice, sans en briser le confort. Houle tranquille. Des vieux de la vieille.
Si la jeunesse a aussi son mot à dire, douce France, chère pays qui l’occulte parfois si injustement, puisse-t-elle le faire dans ces lignes, puisse-t-elle, même à petite échelle, s’y mouvoir durablement et pourquoi pas, dans un proche avenir, exister parmi les autres et les auteurs. C’est le pari de Stardust, et s’il continue sa route encore, osons croire qu’il prendra son envol.
NB : Et n’oubliez pas la sortie en ce Mercredi de l’Enquête (The International), cruellement dans le vrai malgré ses douteux hasards. Retrouvez la critique sur www.stardust-memories.com